Chaque dimanche, un entretien écrit avec un acteur de l’industrie musicale sortira sous forme d’article pour notre site web. L’objectif est de combler votre fin de semaine avec un format inédit qui permet d’en apprendre plus sur les rouages du rap en France et comment fonctionne le système. Pour cette seconde sortie d’interview « L’industrie en 10 questions », nous retrouvons Jules Chaboud, photographe passionnée en école de cinéma.

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Tu as un lien important auprès de l’industrie musicale, tu es un grand passionné depuis un moment. Est-ce que tu peux parler de ton parcours ? Quel est ton rapport à cette industrie ? Comment te décrirais-tu (à ton échelle) ?

Jules Chaboud Photographe

À fond, en vrai, c’est tout bête. J’ai baigné dans la musique en général grâce à mon père, avec des artistes comme les Red Hot, Gorillaz, ou, dans un registre plus hip-hop, les PuppetMastaz. Mon père avait énormément de CD, et il était tout le temps force de proposition, il y avait de la musique en continu à la maison. Ensuite, il m’a acheté mon premier MP3, et voilà.

Puis un jour, au collège, un petit mec est venu me voir en mode, « Mec, il faut que tu regardes ce groupe », c’était les Casseurs Flowters. J’ai pris une claque, les textes, les flows, et étant un enfant curieux, j’ai commencé à creuser et à me passionner pour le rap et la musique en général. Au-delà de la musique, c’est aussi l’univers de chaque artiste, leur personnalité, etc. Donc, en vrai, je suis juste un passionné qui se tient au courant de ce qui se passe dans l’industrie et qui reste ouvert.

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Durant ton stage avec Augustin Jsm, tu es monté sur Paname et tu as rencontré plus de monde. Quel a été ton ressenti vis-à-vis de ce que tu as vécu ?

Jules Chaboud Photographe

Bah, en vrai, j’étais émerveillé. Augustin m’a super bien accueilli et m’a fait rencontrer du beau monde. J’ai vraiment eu la sensation que ce monde était accessible, le monde de l’art, de la musique, et bien plus encore. Il y a vraiment une effervescence à Paris que j’ai adorée. J’ai rencontré plein de gens talentueux, des stylistes, des maquilleurs (s/o @isthisrealmakeup), des chanteurs, des rappeurs, des compositeurs. J’ai apprécié l’entraide qui existait, c’est vraiment différent du monde du cinéma. Puis Augustin m’a vraiment montré qu’il suffit d’avoir une idée et que si tu te donnes les moyens, tu peux la concrétiser.

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Tu es en troisième année d’études de cinéma à l’école 3is en tant que chef opérateur. Qu’est-ce que cette école t’a apporté de plus par rapport à l’industrie musicale ? Aimerais-tu travailler sur des clips ? As-tu envisagé un rapport plus étroit avec la photographie ?

Jules Chaboud Photographe

Oui, en fait, l’école m’a appris beaucoup de choses, et je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup de contenus que je vois sur internet, dans les médias, etc., qui sont plus accessibles qu’on ne le croit. Il faut vraiment casser le cliché que le grand public peut avoir du monde de l’audiovisuel, où l’on pense qu’il faut beaucoup d’argent et du matériel de pointe. En réalité, c’est à moitié vrai, car on peut produire du contenu de grande qualité avec peu de moyens, tant que l’ambition est là et qu’on se donne les moyens. Comme l’a dit Orelsan, il suffit d’une caméra pour faire un film.

J’aimerais beaucoup travailler sur des clips, car à mon avis, c’est le format le plus libre et qui offre la plus grande liberté d’imagination. Surtout en ce qui concerne le rap, je trouve que la nouvelle génération apporte vraiment quelque chose de nouveau dans leur direction artistique. Je pense à Khali, Luther, Abel 31, ou même Realo, et cela me parle beaucoup.

En ce qui concerne la photographie, pourquoi pas, même si ce n’est pas mon activité principale. Il existe différentes façons de pratiquer la photographie, que ce soit la photographie de concert ou la photographie en studio, par exemple, il y a déjà une grande différence. Mais en tout cas, c’est une pratique qui me plaît, donc je n’ai pas envie de la négliger.

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Tu as notamment couvert plusieurs événements avec notre média Digital&Ce en tant que photographe, est-ce que tu peux choisir une photo et nous la décrire, dans quel contexte as-tu plus la prendre, pourquoi celle-ci…

Jules Chaboud Photographe

Dernièrement, il y a cette photo de H jeune Crack dont je suis plutôt content. Comparé à certains concerts où prendre des photos est plus simple parce qu’on a accès aux crashs, là il n’y en avait pas, donc c’était plus compliqué. On devait essayer de se faufiler dans le public, et on n’avait pas beaucoup de choix d’angle pour photographier l’artiste. Mais ici, j’ai réussi à me glisser dans la foule, et je trouve que l’énergie du public est bien captée. La foule crée une sorte de cadre dans le cadre, avec H au milieu, qui a vraiment une pose de performer. En tant que fan de H, cette photo me ravit.

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Prêtes-tu encore attention à la direction artistique des artistes ? Te sens-tu concerné par les pochettes d’album, les clips, les visuels qui accompagnent un projet ?

Jules Chaboud Photographe

Bah, à fond, en vrai, ça fait partie intégrante d’un artiste, je dirais que ça représente un bon 30-40%. En étant un futur travailleur du milieu de l’audiovisuel, ça me concerne encore plus, et j’espère un jour faire partie d’une équipe de direction artistique. Cela permet d’avoir de l’inspiration, des références, et de s’enrichir. Par exemple, je ne sais pas si PNL serait aussi légendaire sans leur direction artistique, et je pense que j’aurais moins apprécié Orelsan et Casseurs Flowters sans leurs clips déjantés. Je me souviens de « Regarde comme il fait beau à l’ancienne », je regardais le clip en boucle. Comme je l’ai dit précédemment, le vent d’air frais apporté par la New Gen en ce moment m’inspire énormément.

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As-tu des exemples, des personnalités dont tu admires le travail au sein de l’industrie, dont tu aurais aimé que ce soit toi qui le fasse ? Si oui, qu’est-ce qu’ils t’inspirent et sur quels projets aurais-tu aimé participer ?

Jules Chaboud Photographe

Forcément, je pense à des mecs comme Kanye, Tyler, ou encore Aminé pour viser haut x). Mais sinon, encore une fois, le côté « home made » des débuts d’Orel m’inspire beaucoup, et j’aime l’idée de tout faire en famille avec les moyens du bord. Ce sont des projets qui respirent la passion et la bonne ambiance. Sinon, en ce moment, il y a le clippeur Natas dont je kiffe bien le taf, et Saby, le clippeur de H jeune crack, qui fait du super taf.

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Aurais-tu un projet, une ambition précise que tu aimerais concrétiser ? Dans un futur proche et dans un futur plus éloigné ?

Jules Chaboud Photographe

Dans un futur proche, c’est déjà faire un maximum de rencontres pour entrer dans le milieu et apprendre de plus en plus, enrichir mon bagage. Je n’ai pas peur de travailler dur pendant longtemps ni de passer par différents postes, car c’est forcément enrichissant. J’aimerais bien réaliser quelques clips pour voir si j’en suis capable et partager un peu ma vision.

Pour plus tard, j’aimerais beaucoup accompagner un artiste dans sa direction artistique. Bien sûr, la consécration serait de réaliser un film qui passe au cinéma, mais ce n’est pas pour tout de suite, et il n’y a pas de précipitation non plus.

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Quel est l’artiste que tu aimerais photographier, pourquoi ? Dans quel contexte ? (Shooting en studio, en concert…)

Jules Chaboud Photographe

Pour une session en studio, je n’ai pas vraiment d’idée précise en tête, mais j’apprécie l’idée de photographier Luther avec son masque. Sinon, quelqu’un comme Varnish, avec un univers bien marqué, pourrait être intéressant à photographier.

En ce qui concerne les concerts, j’aimerais photographier un artiste avec une grande scénographie ou une énorme énergie sur scène.

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Aurais-tu un/une artiste émergent en qui tu crois et dont tu aimerais parler ?

Jules Chaboud Photographe

En réalité, il n’est plus si émergent que ça, mais H est un jeune talent très prometteur. Je pense que Khali est aussi quelqu’un que les gens finiront par apprécier. Sinon, je tiens à saluer Ndj’i, un rappeur de la Réunion qui, à mon avis, est largement sous-estimé.

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